L’énaction de l’homme

Le « je » est la manifestation d’un fait créateur.

Si nous avons la perception de la manifestation du faitncréateur du « je », nous ignorons pourtant la loi naturelle qui conduit à cette manifestation.

Cette loi devrait avoir comme contenu la description du passage du « avant je » au « je ».

La « matière » qui précède le « je » ne comporte pas en elle-même toutes les caractéristiques du « je » et en particulier une conscience de ce à quoi elle va conduire.

C’est précisément notre sujet. Le « je » est donc, par rapport à la « matière » de « l’avant je », une sorte de « métamatière ». Il est rationnel ou créatif, mieux les deux, de penser que si le « je » est une « métamatière » incapable de concevoir sa propre occurrence, il peut exister un « méta je ». De même que la « matière » n’a pas conscience de la « métamatière » qui constitue le « je », le « méta je » est inaccessible à la conscience de ce à quoi il donne lieu. C’est donc dans la continuité de ce mode de pensée que je propose que le « méta je » soit la manifestation du fait créateur du « nous ».

Se pose alors la question de savoir si l’itération suivante peut être légitime.

Je prends ce risque.

De la même manière que « nous » n’avait pas conscience du fait qu’il était définissable par un « méta je », il n’a pas non plus conscience du fait qu’il peut donner naissance à un « méta nous ».

Le « méta nous » serait-il alors la manifestation du fait créateur de « lui » ?

Vallée de l’Omo ou l’énaction de l’homme. Huile sur toile, format : 60 x 81 cm.