Autres engagements citoyens
Les excellentes performances de la société IMAJE et le non-conformisme de ses manières d’être et de faire n’ont pas manqué de susciter l’intérêt. D’autant que la notoriété s’alimente toute seule. Les médias sont avides de contenus originaux. Il nait même de la reconnaissance due aux premiers qui ont su s’intéresser aux causes que nous défendions l’obligation morale de leur réserver la priorité de nos annonces. Une revue de presse, sans préoccupation de complétude peut être consulté. Christian Marbach patron de l’ANVAR qui m’avait adoubé pour mon élection à l’Académie des Technologies me révéla un jour qu’il avait craint que je ne délaisse ma charge opérationnelle dans l’entreprise pour n’être absorbé que par des relations extérieures.
Je lui ai répondu que j’avais limité mes interventions en marge de l’entreprise à une fois par mois.
De quoi s’agissait-il ?
À la fois des interventions dans des tables rondes ou des forums organisés sur des thèmes liés à l’économie, à la sociologie, à la philosophie, à la recherche. Chaque fois, je me trouvais avec des intervenants dont la notoriété était avérée alors que de mon côté, j'étais, vu d’aujourd’hui, simplement un artiste attelé à l’œuvre à faire. Quelques exemples : pour la Caisse d’épargne, j’étais avec Michel Maffesoli; pour l’université de Grenoble, j’étais avec Gilles Lipovetsky; pour le Centre des Jeunes Dirigeants, j’étais seul; au forum les Échos, j’étais avec Serge Dassault; pour Droit de Cité, j’étais seul.
Puisque j’évoque l’ANVAR, je dois signaler que j’ai accepté de participer à des organismes paraétatiques pour lesquels j’ai été élu, ou coopté.
J’ai été nommé par le gouvernement aux postes d’administrateur de l’ANVAR, (Agence Nationale de Valorisation de la Recherche) en 1989, sous la présidence d’Henri Guillaume. Je fus le premier patron de PME à y siéger. Il en fut de même, la même année, pour le CFCE, (Centre Français du Commerce Extérieur) sous la présidence de François Doubin.
À quelques reprises, je fus invité à des diners au ministère en charge des PME par le ministre qui voulait « prendre le pouls » de la base engagée dans la création d’emploi et l’innovation.
Une fois, je fus convoqué à Matignon, dans le salon jaune, à l’occasion de l’élaboration du plan PME-PMI, par le ministre délégué Christian Pierret. Ce fut l’occasion d’un échange décevant avec Jean-Yves Haberer alors président du Crédit Lyonnais qui affichait des ambitions importantes à l’international.
Enfin, en 2004, je fus élu membre de l’Académie des Technologies, une émanation de l’Académie des Sciences en 2000. Ce fut l’occasion de belles rencontres parmi lesquelles je peux citer quelques membres aujourd’hui disparus comme Philippe Coiffet, considéré comme le fondateur de la robotique en France et honoré en connaissance de cause par le Japon, ou Gérard Toulouse, un physicien avec lequel je me retrouvais sur les questions d’éthique.
J’y ai appris qu’en dépit de la rationalité qui s’impose pour siéger dans ce genre de cercle, les clivages ne manquent pas et bien des freins existent pour une convergence vers l’accès à une connaissance partagée.
Cela fut aussi fréquemment l’occasion de dépasser mes connaissances limitées à la surface des choses dans bien des domaines et de gagner en profondeur de pratique et de jugement, ce qui n’est pas mince pour un généraliste.
Ayant participé très activement au groupe Robots et Conscience pendant au moins 5 années, une partie de mes apports étaient incommunicables car issus d’un onirisme rationalisé par les techniques combinatoires qui ne matchaient pas avec des modes de pensée plus formatés. Un membre saborda mon travail en confondant tautologie et auto-référence, tandis que Philippe Coiffet me recommandait de publier en marge de la commission. Je lui en suis gré puisque tout ce qui figure dans Imagination et Action sur ce site, en 2024, est issu de ce travail des années 2010.
Ces engagements s’inscrivaient dans « l’œuvre en train de se faire » selon Étienne Souriau, une œuvre qui porte à la fois sur l’individu qui la porte et sur les différentes strates de l’écosystème dans lequel il vit.
A coté de ces engagements tournés vers des personnes ou des structure influentes, je n’ai pas négligé les échanges avec la génération à venir. La visite de l’entreprise racontée par les enfants d’une classe de cm1 illustre la densité de l’échange.