Le peintre se cherche

Fin 1969, s’imposa à moi de donner deux ans à la nation comme coopérant culturel enseignant en Tunisie.

Je me livrai alors à diverses expériences techniques pour produire des choses vendables, réalisables dans un temps limité. Ma rémunération de coopérant était en effet faible et le complément de revenu procuré par les heures trouvées par Suzette dans le privé ne nous donnait que peu d’autonomie financière. J'avais trouvé dans les souks de Tunis un vernis qui, appliqué sur un papier bristol, offrait un remarquable support pour recevoir des formes abstraites générées par le débit d’un tube de colle «Scotch».

Nous avons vendu un nombre respectable de ces cartes. Je réalisai une autre série en jouant sur les différences de tensions superficielles de peintures acryliques de couleurs, choisies parmi le blanc, le bleu et le rouge.

Une autre série était basée sur des reproductions d’œuvres de peintres tunisiens comme Jellal Ben Abdallah, avec une technique exploitant un vernis, une poudre de bronze et un grattage. Deux librairies écoulèrent régulièrement ces cartes pour l’équivalent de cinq francs pièce. Je suis allé jusqu’à réaliser deux tableaux figuratifs, reproductions d’une moukère au buste dénudé, dont un fut vendu par un magasin local et deux Christs, dont un fut également vendu par une librairie. À côté de ces travaux « alimentaires », j’ai fait quelques excursions dans l’abstrait, à partir de techniques variées.

Vint alors une période peu productive, entièrement centrée sur les charges liées au retour en France, au premier emploi et à la famille qui s’enrichit de Cyril en 1971, de Damien en 1973 puis de Séverin en 1977. Cette période, à la charnière entre la fin des études, le service national et la vie active, est aussi celle de la disparition de mes deux parents, à quelques années d’intervalle. Il ne fait pas de doute que ces événements ont pesé dans les pulsions créatrices auxquelles j’ai été livré.

Gouache à la lame de rasoir pour « strativarius ». Dans cette série, j’avais aussi utilisé une tranche de jambon pour un résultat très éphémère ! 

J’avais fait quelques expérimentations avec un vernis, de la poudre métallique, ici de la poudre de laiton, de la colle scotch et des gouttes de paraffine. Cela avait donné ce lépreux qui fut vendu dans une librairie de Tunis.  

Flamants roses à Mèze. Lame de rasoir, fond bombe de cirage, gouache. Format A3.

Les stalagmites montent, les stalactites tombent. Gouache, détachant K2R en poudre, cirage en bombe et dentifrice, sur papier, 210 x 297 cm.

Cette abstraction au format A4 illustre le potentiel des trois matériaux : un vernis, de la poudre de bronze et de la colle scotch. 

Vernis, gouache, poudre de bronze et colle scotch sur carton, format: 60 x 80 cm.

Photo de famille. Gouache sur papier canson 15x 40 cm.

Le rêve, Gouache sur papier noir format A3.

Portrait ethnique, méthyrelle sur carton et encre de chine, 29 x 20 cm.

Méthyrelle est un néologisme pour désigner le travail à l’huile diluée dans du Méthyléthylcétone (dangereux) de manière à travailler comme à l’aquarelle mais avec des temps de séchage instantanés. 

Huile sur toile, format : 45 x 60 cm. Tunis 1970

Huile sur toile, format : 46 x 64 cm. Tunis 1970

Vierge aux auréoles carrées, Huile sur toile traits colle scotch brulée, 1970, 65 x 50 cm. La photo est en noir et blanc c’était un camaïeu de bleu.

Sans titre, Huile sur toile et eau de javel, 1988, 30 x 21 cm.