Corima
CORIMA (Coopération Riffard-Martin) était une entreprise de production de moules qui réalisait environ 14 MF de chiffre d’affaires. Les dirigeants, interpellés par la création par Alsthom d’une roue de vélo en fibres de carbone se mirent au défi, avec ses outillages d’en faire de même. Elle réussit à créer un produit 50% plus léger.
Pierre Martin, avec lequel je partageais un engagement politique me proposa d’entrer au capital de manière symbolique.
Je me trouvai alors au cœur d’une problématique stratégique, financière et humaine.
Le marché des moules devenait de plus en plus difficile avec l’entrée sur le marché du Portugal dont les coûts de mains-d’œuvre étaient très inférieurs.
Rentrer dans une phase de diversification apparaissait comme salutaire. Une gamme de produits cadres et roues pour la compétition et les grands amateurs se constitue et un réseau de revendeurs, les magasins de cycles, assure la commercialisation.
Mais une diversification cela coûte cher en investissements de toutes sortes. Un fonds est créé par Edwige Avice, secrétaire d’État à la Défense du gouvernement Fabius, pour sauvegarder les savoir-faire qui sont susceptibles d’avoir un intérêt pour la défense nationale. Corima sera leur première prise de participation.
L’entreprise ajoute alors à l’innovation technologique pour les produits une innovation technologique appliquée à la vente. Elle est l’une des toutes premières à s’engager dans la vente directe par Internet.
Pour autant, elle peine à atteindre la rentabilité du fait de la perte de vitesse du modelage alors qu’elle en a conservé certaines structures et ressources humaines.
La décision s’impose, il faut externaliser le modelage et à nouveau renforcer les fonds propres.
Pour le renforcement des fonds propres, ma structure d’investissement EIDOS est prête à intervenir comme caution de la pertinence du projet. Dominique Louis PDG du groupe ASYSTEM dispose d’un fonds d’investissement important. Nous le recevons à Loriol en pensant lui demander 100. Très rapidement, il dit 500.
La bonne gestion, la grande inventivité et la grande amitié qui lie les dirigeants permettent quelques années plus tard aux fondateurs de retrouver la maîtrise totale du capital de l’entreprise.
À côté de mon engagement sur le plan financier et celui de la réflexion stratégique, j’ai pu accompagner, avec plaisir Pierre Martin, dans la négociation de la cession d’une licence d’exploitation d’une orthèse de pieds à restitution d’énergie auprès de la société AUTOBOCK. Une très belle diversification du savoir-faire en matière de composites en fibres de carbone.
CORIMA technologies, une externalisation de l’activité moules.
Externaliser l’activité moule impliquait trois obligations : que deux des trois dirigeants de CORIMA acceptent de se jeter à l’eau dans une nouvelle aventure, que l’entreprise crée à cet effet soit correctement financée et qu’elle échappe à la précarité générée par la concurrence étrangère en innovant.
Le fonds de modelage ayant été donné en location-gérance à la nouvelle entité nommée CORIMA MODELAGE, les pionniers étaient protégés par la fin de la location-gérance et “le retour au bercail” en cas d’échec dans les 6 mois. Ce ne fut pas le cas.
Une innovation technologique majeure fut introduite par l’intégration à l’entreprise nouvelle d’une compétence issue du CEA en matière d’électrodéposition.
Et sur le plan financier, l’ambition affichée de devenir le n° 2 en Europe de ce type de moules derrière les intouchables allemands ne tarda pas à convaincre des fonds locaux dont la vocation était d’accompagner ce genre de projet.
Cette entreprise a bien répondu aux ambitions initiales et sous la houlette de Vincent Belorgeot, elle est devenue CORIMA TECHNOLOGIES.
Roue arrière paraculaire en fibre de carbone.
L’un des deux pieds prothétiques les plus vendus au monde issu de la technologie CORIMA.
Moule de la zone inverseur de poussée sur l’A380 en nickel électro formé. Cette photo, est « Réalisé pour le compte de AIRCELLE groupe SAFRAN, programme A380 ».