Les Fleurs du Mal
Dans « la Serre de Culture de Plantes Virtuelles ». Nous avons ébauché une classification du type Karl Von Linne.
Par exemple, pour une fleur du bien, on aurait :
Règne :« une valeur humaine ».
Classe : « le lien social ».
Espèce : « la confiance» (CO).
Cultivar CO1 : « le contrat de palabre » Burkinabé
Cultivar CO2 : « la pacha » ardéchoise qui est une poignée de main.
De même qu'une œuvre peut éclairer le bien, une œuvre peut éclairer le mal.
Une installation intitulée Les Fleurs du Mal est préfigurée.
Leur règne est celui des anti-valeurs. Leurs classes appartiennent à chacune des trois dimensions de l’homme, caractérisées par la nature des échanges ; lesquels peuvent être monétarisés, non monétarisés (de l’indifférence à la méchanceté), et teintés d'idéologie, (du nationalisme aux positions sectaires).
Suite à la virtualisation destinée à permettre l’exploitation de la métaphore sur le plan de la pensée, l'œuvre dispose d'une représentation physique à même de produire des émotions esthétiques de par la beauté des pièces qui la composent et de leur agencement.
Les cultivars sont les manifestations de ces antivaleurs dans les événements qui nous touchent journellement. Pour leur représentation physique, je suis parti du cadeau d’une relation professionnelle qui m’a proposé une collection d’une quarantaine de troncs de buis qui avaient péri suite à une attaque massive de la pyrale.
Ce papillon apparaît comme le lépidoptère du mal pour les buis. Certes tous les mécanismes d’agression entre espèces ne peuvent pas être considérés comme le mal, car hors de l’intervention de l’homme, la nature ne produit que du bien puisqu’elle est la seule à savoir comment conserver ce qui nous est le plus précieux : la vie rendue possible par la Vie. Admettons donc que la pyrale n’est pas le mal absolu, mais un mal qui a détruit des quantités considérables d’arbustes pendant deux ans, dans quelques régions de France.
Or, le bois de buis est d’une très grande qualité. Il est très dur et, poncé, il possède une texture incomparable.
L’installation sera donc constituée de ces troncs écorcés et poncés à la paille de fer. Certains seront marqués au pochoir à la peinture noire pour les espèces et les autres à la peinture rouge pour les cultivars.
Ils seront montrés dans un espace muséal de très grande sobriété s’apparentant au « white-cube ». Les troncs seront suspendus par des fils de nylon à 4,5 mètres au-dessus d'un socle en acier laqué auxquels ils affleureront. Le sol sera en béton « quartzé ». Le bâtiment, destiné exclusivement à l’installation, sera posé dans le jardin de Mercurart.
Pour « Les Fleurs du Mal », Baudelaire avait quatre thèmes principaux, la souffrance, le dégoût du mal, l'obsession de la mort, l'aspiration à un monde idéal. À l'installation sera associé un recueil de sonnets dont les thèmes correspondront pour la trentaine de cultivars.
Le bâtiment dans lequel “les fleurs du mal” sera exposée aura le statut de compost virtuel.
Un travail sera conduit pour concevoir des procédés de transformation de cette biomasse virtuelle en énergie. L’exemple suivant donne une idée de la ligne directrice. À propos des colonisations, nous savons bien, scientifiquement, que ce sont des usines à produire le sous-développement des peuples qui sont coupés de leurs racines culturelles. Il n’existe pas d’autre chemin que l’application à ces traumatismes collectifs de la repentance et de la contrition.
C’est dans cet espace muséal et civilisationnel que seront aussi conduites des recherches sur le péché originel.