J’étais à un âge où les rencontres dépendent beaucoup de celles des parents. Papa avait dans ses fibres profondes le sens du beau. Maman avait le sens de la famille. Le fait de nous retrouver un jour, à Lyon, chez Mijo et Daniel Pochon, notre cousin, dans leur appartement à Lyon n’était pas le fruit du hasard. Une pièce était dédiée aux activités artistiques de Daniel. C’était la première fois que j’entrais dans l’atelier d’un artiste. Il avait une œuvre en cours ; un orchestre de jazz dans une technique personnelle où le figuratif sacrifie sans concessions à la libre interprétation. Mes études me conduisirent à Lyon, sur la colline de Fourvière. La galerie l’Œil Écoute était juste en bas, sur les quais de Saône. En 1967, je me rendis à cette exposition dont je donne ici le livret à feuilleter. Je me rappelle qu’il avait créé un pont entre des spectres sonores et ses vibrations graphiques, en ne s’appuyant que sur le noir et le rouge.
Je n’ai pas mesuré à l’époque la profondeur de la relation entre ses amis artistes. Elle transparaît dans leurs textes. Cinquante-sept ans après, je me permets de me joindre à eux avec un dessin à la lame de rasoir, en noir et rouge, réalisé à la même époque, dans l’esprit de cette exposition.