Graphisme
C’est certainement une continuité de fondements qui m’a fait m’intéresser de manière ponctuelle, pourquoi ne pas dire aussi opportuniste, à ce mode d’expression ; des dispositions propres à l’histoire de ma lignée et les occasions d’être au contact de réalisations auxquelles j’ai été sensible. Lorsque l’on est jeune, ce qui touche est lié à la nature même des images ou des récits qui s’offrent à nous, mais aussi à la personnalité de ceux dont elles ou ils émanent.
Les dessins d’école de mon père, très léchés, et ce logo qu’il avait créé pour sa marque déposée AGRICOLA dont les formes des lettres étaient toutes inventées avaient fait partie de mon environnement. Les travaux de Daniel Pochon mon cousin grand graphiste m’avaient aussi marqué. Daniel savait mon père ouvert à sa modernité et le travail demandé à une série d’artistes lyonnais par son patron, Deswarte, pour les 40 ans de sa maison avait atterri à Marboz. Le coffret « la pierre philosophale » est une pure merveille de création graphique. Cela m’avait ensuite conduit à fréquenter la galerie « L’œil écoute » pendant mes études d’ingénieur.
Je fus également sensible au logo que mon père avait lui-même dessiné pour AGRICOLA. Il avait, en fait, créé une typographie originale et cette idée que l’on puisse utiliser des lettres différentes de celles que les sœurs puis les frères (des écoles chrétiennes) m’avaient inlassablement fait reproduire au cours de mon apprentissage de l’écriture était maintenant pleine de sens. Mon père avait remarqué mes facilités et je crois qu’il m’a éduqué à éduquer puisque j’ai pu jouer de la même reconnaissance avec deux de mes fils qui ont fait des études dans ce sens. Dans ce qui est présenté ici, ce que j’assume le mieux est cette affiche réalisée pour le bal de prestige de la promotion 1968 de l’ECAM. Elle fut placardée sur les murs de la capitale des Gaules et le logo d’IMAJE SA qui fit une belle carrière internationale.